02 août 2009
LA MALIBRAN
Biographie par GONZAGUE SAINT BRIS
Née le 24 mars 1808, Maria de la Felicidad Garcia, la future Malibran, meurt à 28 ans ans, à Manchester, au sommet de sa gloire. La Malibran laisse un souvenir ébloui à tous ses admirateurs, dont Alfred de Musset et Lamartine, qui lui ont dédié de magnifiques poèmes.
La diva à la voix étendue n’est pas qu’une virtuose de l’acrobatie vocale, avec sa tessiture exceptionnelle de 3 octaves, c’est surtout une interprète qui saisit par la justesse et la vérité de son jeu d’actrice née.
Fille du ténor espagnol Manuel Garcia, tyrannique, il lui impose un enseignement musical terrifiant par son rythme et par son exigence. Sa voix de mezzo-soprano, sa beauté et sa présence sur scène la propulsent au premier rang, et lui assurent le succés. Elle devient la plus célèbre cantatrice du XIX° siècle. Tous les compositeurs de l'époque dont - Bellini - Rossini - lui écrivent des rôles magnifiques.
LA MALIBRAN électrise les foules.
Hérold écrit dans ses Mémoires : " Depuis Mozart, on n'a pas connu une vocation si énergiquement prononcée pour la musique."
Maria Malibran fût également auteur dont la mémorable mélodie "La voix qui dit je t'aime".
Elle a un esprit vif plein d'humour, et une attachante simplicité.
Sous l'influence de son père elle épouse Eugène Malibran, puis une fois cette union de complaisance annulée, elle épouse son seul et grand amour, le violoniste et compositeur belge Charles-Auguste de Bériot. Le couple aura un seul enfant, en 1833, qui deviendra un pianiste virtuose.
Elle repose au cimetière de Laeken, où Bériot lui fit construire un imposant Mausolée.
25 mars 2009
LA PRISONNIERE
Malika Oufkir et Michèle Fitoussi
En 1958, à l'àge de cinq ans, Malika est adoptée par Mohammed V. Elle grandit à Rabat, dans le palais, parmi les courtisanes du harem. A 18 ans Malika compte parmi les héritières les plus courtisées du royaume.
C'est alors qu'éclate le drame. En 1972, le coup d'Etat manqué de son père le général Oufkir contre la roi Hassan II lui vaut la mort par suicide.
Pour sa famille commence alors un épouvantable calvaire..... vingt années de détention dans des conditions inhumaines..... la faim, la soif, l'angoisse, l'incompréhension..... Puis le retour à la vie après l'évasion en 1987.....
Au total Malika a passé vingt ans de sa vie dans les prisons marocaines, où elle est entrée à l'âge de 18 ans, puis encore cinq ans en liberté surveillée au Maroc.
Extraits de l'épilogue :
En prison la haine m'a aidée à survivre ..... Aujourd'hui j'oscille entre le ressentiment le plus profond et le désir sincère de ne plus éprouver de haine. La haine ronge, la haine paralyse et empêche de vivre. La haine ne me fera jamais rattraper les années perdues.....
J'ai retrouvé ma sérénité et l'amour du Maroc dans le désert..... Il m'a réconciliée avec mon passé..... Je suis marocaine dans mes tripes..... mais je me sens aussi française par la culture, la langue..... Ce n'est plus incompatible.....
08 novembre 2008
LA BIOGRAPHE
ROMY, MA MERE ET MOI - écrit par Evelyne Bloch-Dano
Evocation du destin de deux femmes de l'après-guerre, en quête d'identité entre la France et l'Allemagne.
La biographe met en parallèle la vie de ces femmes : Romy Schneider allemande, et Edith Hanau juive allemande, la propre mère de l'auteur. Leurs points communs .... "l'amour et la haine de cette Allemagne qu'elles ont quittée, peut-être ?"
Ce livre permet de mieux connaître Romy Schneider (de son véritable nom, Rosemarie Albach, auquel elle tenait tant), sa vie sans fioritures.
Une partie de son mal-être vient de sa relation avec Magda Schneider sa mère à la fois absente et toute-puissante. Elle n'arrive pas a s'en détacher. Elle a besoin de son estime surtout. Elle l'admirre et la déteste. La jeune comédienne dépasse très vite sa mère sur le plan professionel. "Magda est médiocre, jalouse, méchante. Mais dans l'esprit de Romy, c'est sa mère, la reine". A la nostalgie et au ressentiment ressentis par tous les exilés du monde, se mèlent en Romy La honte et la culpabilité. Elle sait que ses parents étaient des symphatisants envers les nazis, mais elle ignore qu'ils étaient aussi des courtisans du régime.
Romy est un être absolu : Tout ! Tout de suite ! Ici! ou rien. Mais ce caractère entier va de pair avec son manque total de confiance en soi, qui parfois transforme les moindres obstacles en ornières. Elle est rongée par les doutes. "En elle, jusqu'au bout, une petite fille abandonnée cherche à capter l'attention d'un père absent, d'une mère indifférente."
Edith elle, va après le retrait des troupes d'occupation, retourné à Berlin, en vainqueur, avec l'armée des gagnants, montrer qu'elle est toujours vivante, heureuse de constater "leur" défaite. Dans la longue nuit de l'aprés-guerre et son chaos, elle entre notamment au service de la division des Personnes Déplacées.
16 octobre 2008
FARAH PAHLAVI
La Shahbanou Farah, épouse du dernier empereur d'Iran écrit ses mémoires.
Elle raconte son histoire d'amour avec un homme mais aussi avec un pays.
A vingt et un ans, Farah Diba épouse Mohammad Reza Shâh Pahlavi. Sa vie bascule, en l'espace de quelques mois elle est sacrée impératrice et apparaît dans la presse du monde entier.
Elle donne naissance à quatre enfants. En même temps cette jeune reine assume son nouveau rôle avec beaucoup d'humanité.
Vingt ans plus tard, suite aux manifestations, aux émeutes mettant lTéhéran à feu et à sang, c'est le départ précipité du Shâh et de sa famille. Exilé à jamais, il erre des Bahamas au Mexique, puis déjà malade est caché dans un hopital new-yorkais, avant d'être enfin recueilli en Egypte par le Président Anouar El-Sadate.
Après la mort de son mari en 1980, elle a la douleur de perdre en 2001 Leila une de ses filles.
Elle vit toujours en exil, se partageant entre Paris et les Etâts-Unis.
Un récit bouleversant que je vous encourage à lire.
18 juillet 2008
MADAME SIMONE
MADAME SIMONE - Auteur Michel Forrier
Pauline Benda qu'on appelait Madame Simone fut comédienne, écrivain, critique littéraire. Elle fut nommée présidente d'honneur de l'Académie d'Angoumois dès sa création en 1964. Au début du 20ème siècle elle est l'un des personnages phares du Tout Paris.
Née en 1877, elle décide à l'àge de 23 ans de devenir comédienne. Elle interprêtera de nombreuses pièces sur les scènes parisiennes jusqu'en 1947.A la fin de la Première Guerre mondiale elle s'engage dans le monde littéraire, laissant apparaître son caractère : elle aime les passions et rejette les faiblesses. Très volontaire elle a toujours su sauvegarder sa vie intérieure. Jusqu'à sa disparition en 1985 elle défie les convenances pour faire reconnaître les droits de la femme.
Elle fut l'épouse de Charles Le Bargy un comédien, de Claude Casimi-Perier fils de l'ex-président de la république et de François Porché écrivain et poête charentais ami de Charles Péguy.
Elle vécut un grand amour avec Alain-Fournier, l'auteur du "Grand Meaulnes" dont la disparition engendrera pour elle une claustration dont seule la détresse physique et psychologique de son ami d'enfance François Porché pourra la délivrer. Ensembles, ces deux êtres atteints au plus profond d'eux-mêmes, vont trouver la force de s'appuyer l'un à l'autre pour tenter de survivre.
27 juin 2008
MENDE NAZER
ou MA VIE D'ESCLAVE - récit bouleversant.
Témoignage poignant d'une esclave d'aujourd'hui, au coeur de nos villes.
Mende vit heureuse avec sa famille au Soudan, dans les monts Nuba.
Enlevée lors d'une razia, à douze ans, elle est vendue à un couple de Khartoum. Elle doit sous les humiliations et les coups travailler pour ces gens. A l'age de 19 ans, elle est envoyée à Londres, pour servir chez un haut diplomate de l'ambassade du Soudan. En septembre 2000, bien qu'affaiblie elle réussit à s'évader.
Pendant deux ans, elle tente de se reconstruire, apprend l'anglais, et avec la collaboration d'un journaliste Damien Lewis, elle rédige ce livre, et se bat pour que cessent ces pratiques barbares.
Après un premier rejet, le gouvernement britannique lui accorde en décembre 2002 le statut de réfugiée et le droit permanent de rester sur le sol du Royaume-Uni, grâce à un grand nombre de personnalités et d'organisations qui unirent leurs forces pour ce combat.
Son avocate, A. Stanley clama : " Etre protégé contre la persécution, qui prend ici la forme d'un esclavage, pour un motif racial, devrait être un droit inaliénable."
Son plus grand rêve reste bien sûr, un jour revoir sa famille... Même devenue " femme libre" elle ne se sent nulle part chez elle. Quelle est maintenant sa véritable identité ?
Un livre sur l'esclavage moderne à lire.
14 juin 2008
LE JOURNAL D'HELENE BERR
En 1942, Hélène a 21 ans et de début des épreuves commence par le port de l'étoile jaune . Elle est une brillante étudiante à la Sorbonne, et elle a le goût du bonheur, un tempérament à la fois artiste et d'une très grande lucidité. Les lois anti-juives de Vichy vont lentement faire basculer sa vie, et c'est alors qu'elle commence son journal.... "Craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de trace ?"
Elle écrit le 30 novembre 1943 : "La seule expérience de l'immortalité de l'âme que nous puissions avoir avec sûreté, c'est cette immortalité qui consiste en la persistance du souvenir des morts parmi les vivants".
Préface de P. Modiano
"Son courage, sa droiture, la limpidité de son coeur m'évoquent le vers de Rimbaud :
Par délicatesse j'ai perdu la vie."
Elle est transférée à Bergen-Belsen où elle succombe aux mauvais traitements en avril 1945, quelques jours avant la libération du camp.
Après la lecture de ce journal, acte de survie, il nous reste "cette présence forte et lumineuse d'Hélène" ; on ne voit plus tout à fait la vie de la même façon.
18 avril 2008
AUNG SAN SUU KYI
AUNG SAN SUU KYI - Thierry FALISE
La "Dame de Rangoon" symbole de la lutte pour la démocratie et la défense des droits de l'homme en Birmanie, a aussi pris le parti de sacrifier sa propre vie personnelle. Elle dit elle-même : " Du jour où je me suis engagée dans la politique, mon mariage ne pouvait évidemment plus être un mariage normal ". Sous le déferlement des évènements elle a glissé inexorablement de ses fils biologiques vers les enfants de son pays. La junte a pu croire qu'en l'enfermant chez elle et en accordant des visas au compte-gouttes à sa famille, qu'en insultant son mariage, elle allait "craquer".
C'est ce côté de la femme qui m'a également fort intéressée. Elle confie : " Bien sûr à chaque respiration, mes enfants et mon mari me manquent mais la conviction que je fais ce qu'il faut est inébranlable... "
Ne pas oublier non plus que la seule certitude en Birmanie est ... l'imprévu !











